Tiré d’un court roman de Doris Lessing , intitulé « les
grands-mères » (mais ce titre était moins glamour et presqu’inconvenant
pour les deux vedettes !), « Perfect mothers » raconte l’amitié
fusionnelle entre Roz et Liz qui vivent au bord d’une plage de rêve avec leurs
deux fils…Les maris et compagnons éventuels sont vite écartés et les deux
femmes deviennent les amantes des garçons, jeunes adultes bien baraqués,
adeptes du surf et peu intéressés par les donzelles de leur âge…Quand ils
finissent par se marier et devenir papas, ils reviennent quand même dans les
bras des belles mamans et la fin du film les réunit tous les quatre sur l’eau,
isolés pour le meilleur ou pour le pire…Anne Fontaine a adapté fidèlement le
roman , bien épaulée par les comédiens, surtout Robin Wright et Naomie
Watts qui pèchent pour mieux rester ensemble. Le sujet, un peu dérangeant s’accommode
des superbes paysages et on suit des
péripéties plus ou moins convenues sans ennui.
dimanche 31 mars 2013
Itinérances (bis)
Deuxième (et dernière) incursion au Festival d’Alès pour assister à 2
avant-premières :
-
« La maison
de la radio » de Nicolas Philibert (présent dans la salle)
Un documentaire passionnant sur la célèbre maison ronde parisienne; on y croise
animateurs, monteurs, pigistes, responsables d’émissions, invités, chanteurs et
autres, qui font vivre Radio France au quotidien… Le montage est super, l’humour
et l’émotion surgissent ici et là. Après
ces images et ces rencontres, on ne verra plus ce vivier de créations du même œil.
Bravo ! Sortie imminente !
-
Le deuxième
film est signé Margarethe Von Trotta : « Hannah Arendt »
et nous présente cette prof de philo juive allemande, émigrée avec son mari aux
USA pendant la guerre. Au début des années 60, elle est chargée par le New
Yorker de couvrir le procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem et ses écrits sur « la
banalité du mal »soulèveront d’énormes polémiques et même l’incompréhension
de ses amis… Une page d’histoire bien reconstituée, avec des documents d’époque
et une interprète inspirée, Barbara Sukowa.
mercredi 27 mars 2013
UN FESTIVAL TRÈS FRÉQUENTABLE
Le festival Itinérances d’Alès
fête son 31ème anniversaire. Il se déroule en général dans la
deuxième quinzaine de mars. Ce dimanche 24, je me rends au Cratère, belle et
grande salle de spectacles pour découvrir deux avant-premières :
D’abord « La tendresse » de Marion
Hansel, qui voit deux parents divorcés depuis 15 ans (Olivier Gourmet et
Marilyne Canto, épatants) quitter la Belgique pour se rendre dans les Alpes au
chevet de leur fils (Adrien Jolivet, présent dans la salle), moniteur de ski
qui vient d’avoir un accident sur les pistes. Road-movie plein de sensibilité,
qui raconte les bobos de la vie avec tendresse et humour. Sergi Lopez y fait
une apparition sympathique.
Le 2ème film, « Pop rédemption »sorte
de road-movie musical cette fois, présenté par son réalisateur Martin Le Gall
qui a mis près de 10 ans à le peaufiner est une comédie survoltée où un groupe
de métal trentenaire, mené par un leader déjanté (Julien Doré) cause un
accident mortel, à la suite d’une représentation minable dans un cabaret de 3ème
zone. Voilà les 4 lascars au look satanique complètement affolés déboulant dans
un petit village, capitale de la fraise, qui s’apprête à célébrer sa fête
locale, alors qu’à quelques kms de là, un festival de hard métal bat son plein.
Les flics ne savent plus où donner de la tête et les péripéties s’enchaînent
pour notre plus grand plaisir…Très applaudi à la fin, le film –qui doit sortir
en juin- bénéficiera d’un bon bouche-à-oreille…
Bonne surprise en sus : entre les deux projections, les organisateurs
offraient aux spectateurs champagne à gogo, accompagné de canapés et autres
gourmandises…
vendredi 22 mars 2013
Bonne surprise avec
« The place beyond the pines » !Le déjà remarqué Derek
Cianfrance(Blue Valentine) nous raconte 3 histoires en une : d’abord celle
de Luke un cascadeur à moto( Ryan Gosling)qui, de passage dans une petite ville
apprend qu’il a un fils et désormais se met à braquer des banques pour pouvoir
le choyer, puis vient le tour d’Emory, flic intègre et ambitieux(Bradley
Cooper) dont la route va croiser celle de Luke . Inutile de dévoiler
comment ; puis, on fait un bond de 15 ans, et les deux fils de ces deux
personnages vont se rencontrer et faire saigner les blessures du passé. La
tragédie rejaillit chez les enfants et donne lieu à des épisodes surprenants.
Un bon film noir, décalé, bien interprété (revoilà Ray Liotta dans un rôle de
flic corrompu et sadique). C’est long mais bien régénéré !
JAPPELOUP
Jappeloup, c’est ce fameux petit cheval qui
rafla plein de prix et surtout la médaille d’or aux JO de Séoul il y a une
trentaine d’années. Guillaume Canet, bon cavalier, s’est totalement investi
dans le rôle de Pierre Durand, son propriétaire, entêté, orgueilleux et enfant
gâté qui grâce à son père(Daniel Auteuil, parfait) et sa femme(Marina Hands),
qui ont su prodiguer les bons conseils, mènera à la victoire sa monture,
nerveuse et caractérielle à travers les sauts d’obstacle. Avec des images
d’archives bien intégrées, des épisodes hippiques solides et des scènes
émouvantes aussi, ce film du canadien Christian Duguay est fort honorable et bénéficie
d’une implication sans faille de Canet. Un petit saut pour la route !
mercredi 20 mars 2013
AU BOUT DU CONTE
Jaoui et son complice Bacri ont tricoté une histoire chorale dont certains épisodes font un clin d’oeil aux contes de fées. Ils se sont donné deux rôles qui leur vont comme un gant : Lui, moniteur d’auto-école, râleur égoïste et inquiet, car une voyante lui a prédit une mort prochaine ; elle, actrice ratée, reconvertie dans des cours de théâtre scolaires. Autour d’eux, gravitent des personnages attachants : entre autres, la jeune fille qui rêve au prince charmant, le musicien qui veut devenir célèbre, le séducteur ténébreux et cynique (Biolay), des enfants qui s’en sortent comme ils peuvent… D’amours contrariées en séparations douloureuses, tout ce petit monde s’agite dans le bocal, en essayant de garder la tête hors de l’eau. Même si on n’est pas un inconditionnel du couple Jaoui-Bacri, on doit reconnaître leur habileté à habiller des personnages qui nous renvoient à nos propres expériences, cela avec une certaine fantaisie et quelques moments d’émotion (la scène où Bacri se « lâche » devant son fils qu’il a un peu négligé…) Tous les acteurs sont au diapason. Le conte est bon.
Adimanche 3 mars 2013
WADJDA
« Wadjda » a la particularité d’être le premier film saoudien
et en plus, réalisé par une femme, Haifaa al-Mansour. Nous suivons la détermination
d’une fillette de 12 ans, portant jeans et baskets, décidée à s’acheter un vélo
– objet réservé uniquement aux hommes dans son pays. Sa mère, une belle femme
qui veut garder près d’elle son mari voit celui-ci s’éloigner, prêt à épouser
une autre afin qu’elle lui donne le garçon qu’elle, n’a pu avoir. Quant à
Wadjda, elle décide de gagner le concours coranique organisé par son école pour
se payer l’objet de ses rêves ! A travers ce scénario, la réalisatrice en
dit long sur la condition des femmes dans ce pays arabe, la rigidité de leur
éducation et tous les interdits de la société, régis par le fondamentalisme
religieux. C’est un film courageux, intelligent, bien joué et bien monté. Les
dernières scènes entretiennent un certain suspense et on n’oubliera pas le
caractère bien trempé de la jeune Wadjda .
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